ÉLÉMENTS POUR UNE

CRITIQUE DE LA RAISON

COLLECTIONNEUSE

Essai philosophique

d'Emmanuel Tugny

« Chez Teniers, un petit chien accompagne le collectionneur dans sa galerie.

Et la présence de ce petit chien semble nous indiquer que le sujet, fût-il doté du pouvoir économique de collectionner, est le chien des chiens de cette collection où il trottine et sans laquelle il n’est pas même chien. »

 

Dans ce bref essai philosophique, Emmanuel Tugny rattache l’identité du collectionneur à une conception du sujet dans l’être.

 

Auteur : Emmanuel Tugny

 FORMAT PAPIER 

ISBN | 978-2-37641-024-9

Format : 108 x 178 mm

Poids : 80 grammes

Date de parution : 22 février 2017

Nombre de pages : 88 

Distribution : Hachette Livre

 FORMAT NUMÉRIQUE 

ISBN | 978-2-37641-924-2

Format : EPUB | MOBI (Kindle) | PDF

EXTRAIT

 

Il y a bien du collectionneur en le sujet. 

 

Si j’entends par sujet ou espace du sujet ou délimitation du sujet comme espace du sujet en tant qu’il est tout sauf ce qu’il n’est point, en tant qu’ « ipse » il y a bien de la collection en le sujet.

 

C’est-à-dire que si j’entends, avec l’étymologie, l’espace subjectal comme un espace de la subordination créatrice, de cette subordination auc-toriale paradoxale qui ajoute aux choses, qui, comme l’écrit Borgès « ajoute en être », je ne puis concevoir le sujet que comme une instance dont la figuration en l’idée, dont le calcul en raison, ne peuvent se passer d’un va-et-vient entre la création d’une collection de figures et le retour de cette collection vers le sujet qu’elle qualifie comme tel.

 

Lorsque je dis « il y a bien du collectionneur en le sujet », je pose que « l’ipse », que le « mesmo », que le « soi-même » du sujet, je pose que sa singularité radicale, est le fruit de la constitution par le sujet d’un agrégat de figures manquant au monde dont l’intégration et le dépassement dialectique, dont la figure des figures, fait retour vers lui pour en faire son sujet, c’est-à-dire pour lui concéder d’être sujet.

 

Pas de sujet sans figure, pas de sujet sans épreuve de la figuration, c’est-à-dire sans épreuve de la taxinomie générale, c’est-à-dire sans épreuve de la réduction/rééducation du donné via la compartimentation de son être, de son « Un » introuvable et ressenti ou pressenti comme supérieur (je renvoie ici à Proclus, à Plotin, à Leibniz, au monisme, aux formes contemplatives d’une métaphysique de « l’unité en l’ordre des choses »).

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